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L'Allemagne conforte sa position de leader de la meunerie européenne à l'export

  • Photo du rédacteur: Marianne rmgx
    Marianne rmgx
  • 1 août 2024
  • 5 min de lecture
L'AG de l'ANMF a réuni des représentants de plusieurs secteurs meuniers européens.

Pour sa convention annuelle, l’Association nationale de la meunerie française (ANMF) a proposé un panorama du secteur en Europe, au travers de regards croisés. Près de 230 participants ont assisté à cet événement, le 28 juin à Blois. L’occasion de réaliser des focus sur les activités de la filière.

 

La meunerie européenne s'est en partie remise de la flambée des charges

« La meunerie européenne représente 20 Md€ avec 47 Mt de blé tendre, seigle et avoine écrasées », indique Francesco Vacondio, meunier italien et président d’EFM (The European Flour Millers). Près de 35 Mt de farines avec 600 types différents, sont produites, dont 70% dédiées à la panification. Les blés utilisés par les meuniers européens sont issus majoritairement de l’UE. L’Allemagne est de loin le premier exportateur de farine en Europe avec 35% des parts de marché.  Le pays est le plus gros producteur de l’UE, suivie de l’Italie et de la France.

Le contexte géopolitique, avec le conflit en Ukraine, après la pandémie, affecte le secteur. La meunerie européenne subit une pression sur ses coûts affectant les marges sous l'effet de l’inflation (matières premières, énergie…). « Les équipementiers ont beaucoup travaillé pour aider à faire diminuer les dépenses énergétiques », précise Francesco Vacondio meunier italien et président d’EFM.


Mais la récolte de blé française s'annonce "catastrophique"

Mais les perspectives s'assombrissent pour la prochaine campagne la moisson se confirmant « catastrophique » comme l'a qualifiée Eric Thirouin, le président de l’AGPB (Association générale des producteurs de blé), le 1er août dans un communiqué d'alerte. La récolte globale « pourrait tomber jusqu’ à 26 Mt contre 36 Mt en moyenne » en raison des conditions météorologiques extrêmement pluvieuses qui ont prévalu tout au long de l'année. Le représentant des producteurs de blé appelle, dans ce contexte critique au déploiement de mesures d’urgence à la hauteur des enjeux de souveraineté alimentaire qui reposent sur la filière céréalière.


L’activité de la meunerie française a progressivement repris

En France, l’augmentation des charges n’a pas été totalement répercutée sur le tarif des farines. Ainsi, si le chiffre d’affaires de la meunerie française a progressé de 1,7 Md€ en 2021 à 2,21 Md€ en 2023, cette évolution « ne s’est pas traduite par une croissance de la rentabilité qui s’est au contraire dégradée [-52% entre 2017 et 2022 de l’indicateur marge brute de la meunerie dans le prix de la baguette*] », précise Abdoulaye Traoré, responsable affaires économiques et réglementaires de l’ANMF. « Après deux années où la rentabilité des entreprises a été mise à rude épreuve, la meunerie reste résiliente », assure toutefois l’ANMF. Côté volumes, en 2023, elle a utilisé « 4,9 Mt de blé français pour produire 3,9 Mt de farine de blé (-3% vs 2022).  Sur les 4 premiers mois de 2024, l’activité reprend progressivement avec une hausse de écrasements de blé (+6%) et des livraisons de farines de blé par rapport à 2023. Cette évolution est liée à la dynamique de l’ensemble des marchés de la farine : panification en boulangerie artisanale (+1,8%), boulangerie industrielle (+2,2%), utilisations industrielles alimentaires (4,9%) », d’après l’ANMF.

La concurrence internationale s’avère également exponentielle et dynamique, d’où la nécessité de la meunerie européenne et française de gagner en attractivité. « La Turquie a aujourd’hui une force de production qui va lui permettre de revendiquer une place mondiale dans les années à venir », complète Jean-François Loiseau, président de l’ANMF. Au niveau mondial, la production de farine est en légère hausse avec une concentration en Asie, d’après l’ANMF.


Des clients soucieux de la durabilité

La meunerie européenne s’est lancée des grands défis notamment environnementaux. Elle se montre soucieuse des changements climatiques qui impactent directement la culture du blé. Rappelons que chaque hausse de 1 °C se traduirait par une baisse de rendement mondiale de 6 %, mais dans une certaine limite puisqu’une hausse du taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère sera plutôt de nature à améliorer la productivité. « La durabilité de nos produits préoccupe nos clients, ils se pourraient que cela arrive dans les contrats de vente au même titre que la qualité sanitaire», ajoute le meunier italien. En France, la digitalisation a permis d’avancer sur ces thématiques en particulier avec la traçabilité.


Décarbonisation et RSE enjeux de la meunerie française

L’ANMF accompagne d'ailleurs ses adhérents dans la décarbonisation, la meunerie (0,49 g eq CO2/g de farine) étant responsable de 2% des émissions de gaz à effet serre des industries agroalimentaires. L’association s’est fixée depuis 2021 un objectif de "100% des meuniers engagés en RSE" en 2024. Actuellement 89% (contre 65% en 2021) des volumes de farine sont fabriqués par des structures impliquées dans cette démarche. Didier Boudy, en tant que président du groupe Mademoiselle Desserts a témoigné sur ces enjeux lors d’une rencontre du CEBP (Cercle d’Etudes de la Boulangerie Pâtisserie Traiteur) de l’importance de déployer une démarche RSE. La société l'a intégré dès 2008. Celle-ci lui a notamment ouvert des marchés en France et à l’international, facilité l’accès à des financements et renforcé l'attractivité en tant qu’employeur. 


  [*] Indicateur de marge brute de la meunerie dans le prix d’une baguette. Il s’agit du prix de vente de la farine moins le prix du blé, soit ce qui reste pour payer l’ensemble des charges (hors blé).

La meunerie européenne, c’est... : 3 800 entreprises (dont 333 françaises) employant près de 45 000 salariés et 350 000 emplois indirects. « En 15 ans, nous avons perdu 30% des moulins en Europe », alerte Francesco Vacondio, meunier italien et président d’EFM.

Le paysage de la panification européenne

La consommation de pain stagne en Europe (27 Mt de consommation totale annuelle ; 53,7 kg/capita/an – 27 pays) cependant les demandes de produits d’origine végétale, biologique et locaux sont en croissance.


Physionomie de plusieurs marchés européens:

1-     L’Allemagne : 5,85 Mt ; 69,8 kg/capita/an ; +0,4 en 2023 ; 19% du marché correspond au pain de seigle

2-     France : 3,28 Mt ; 48,4 kg/capita/an ; -0,3 en 2023 ; 16% du marché correspond au pain sandwich en France

3-     Italie : 2,74 Mt ; 46,8 kg/capita/an ; +0,3 en 2023 ; 19% du marché correspond aux pizzas

4-     Belgique : 0,513 Mt ; 44,4 kg/capita/an ; +0,2 en 2023 du marché correspond ; 10% de produits laminés en Belgique.


En France, se sont principalement des artisans boulangers-pâtissiers (27 700 ; 21% de la production de pain) qui constituent le paysage de la boulangerie avec 286 industries (62% prod.) contre 10 000 artisans (17% prod.) et 141 industries (57% prod.) en Allemagne. En Italie, 51% de la production provient de l’artisanat (contre 39% pour l’industrie) et 66% de l’industrie pour la Belgique (28% pour l’artisanat). Notons qu'en Allemagne 12% de la production correspond à du "pain fait maison".


Pour capter de nouveaux marchés et redynamiser la consommation de pain en Europe, il est important de répondre aux attentes des clients finaux. « Les consommateurs européens déclarent comme motivation d’achat [pour des produits alimentaires et boissons] : le plaisir, la santé et la RSE. Cependant l’acte d’achat est guidé par le goût, le prix et la praticité (utilisation, format, conservation, horaire d’ouverture du commerce) », précise Etienne Maillard, directeur relations extérieures chez Lesaffre.

 
 
 

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